Atelier l'Air de Rien

Exposition d’Adriana Cavallaro Mosaïques

EXPOSITION DU 2 AU 4 OCTOBRE 2009  IO io e gli altri

Adriana Cavallaro est une jeune mosaïste diplômée de l’Institut d’Arts Appliqués de G.Severini à Ravenne, en Italie, arrivée à Lausanne en 2002.

Elle a participé à plusieurs réalisations monumentales en mosaïques comme la fontaine de Miramare à Rimini ou encore une œuvre pour la gare de Ravenne. Dans le cadre de projets personnels, elle réalisé plusieurs mosaïques pour des particuliers dont une reproduction d’une mosaïque grecque du Vème siècle  av. J.-Ch. dans le cadre d’une exposition au musée Olympique de Lausanne.

Adriana Cavallaro a choisi un mode intimiste en dialoguant avec ses préoccupations personnelles. Les figures marquantes de son adolescence, comme celle de Betty Boop invitent le spectateur à la rencontre d’une série de visages et de personnages venus tout droit de son univers. L’artiste a également pris le parti de jouer avec différentes techniques de la mosaïque allant des plus traditionnelles aux plus contemporaines comme l’assemblage de fragments de tasses en porcelaine, de morceaux de verre et de matériaux divers.

Tour à tour minutieuse et créative, précise et expérimentale, Adriana Cavallaro devient ainsi une sorte d’alchimiste de cet art ancestral.

Adriana Cavallaro par Florence Grivel

Mosaïque à la mode Adriana.

« IO Io e gli altri », c’est ainsi qu’Adriana Cavallaro a voulu baptiser son exposition personnelle ; a dire la verità, face à son travail, il y a presque davantage d’autres que de soi, ou plutôt il y a beaucoup d’autres avec un grand moi…

Au premier coup d’oeil, il y a ce Berlusconi au visage bleu, la main avec deux doigts levés, un cornuto tristement célèbre qui a fait le tour du monde. Etonnant, le petit Silvio à la teinte d’alien, dixit l’artiste, ressemble à la sérigraphie qu’a faite Warhol de Mao il y a quelques décennies. Avec ce portrait étrange, on ose le passage de l’extrême à l’autre, d’un côté, totalitarisme communautaire, petit livre rouge et uniformité de la masse ouvrière, de l’autre totalitarisme publicitaire, petit guide du prêt-porter de la pensée capitaliste sur fond de bling-bling et uniformité de la bêtise. Alien-ant.

Le tout lié par cette technique qui nous vient du fond des âges : la mosaïque. Une technique lente, intérieure, exigeante et atemporelle qu’Adriana Cavallaro découvre à Ravenne. Elle en fera son métier.

« Io e gli altri », et ce moi qui dévore, qui dépasse, qui exulte, car le grand moi, c’est aussi quelque chose qui peut être beau, parole d’artiste.

La baigneuse verte, digne descendante de ces formidables femmes de Piazza Armerina en Sicile qui depuis des siècles jouent au ballon en bikini antique.

Cette jeune femme fait aussi penser à ce que Martial Raysse faisait du temps des Nouveaux Réalistes, lui aussi a eu la tentation de peindre en vert un corps idéal de baigneuse estivale. Pour Adriana, ce corps, c’est celui d’une amie, une blonde, une vraie, belle à toute occasion, comme dit Adriana, une amie avec laquelle elle est beaucoup sortie, pas toujours facile d’exister à côté d’elle, mais la beauté, on la respecte. L’artiste représente donc cette femme sans visage dont la seule silhouette de rêve suffit, elle la compose de tesselles vertes, car même cette couleur lui va.

Et le regard passe d’une mosaïque à l’autre, de cette Betty Boop à ce Neptune, tous deux réalisés dans la plus pure tradition romaine, de ces visages menus faits de bric et de broc, fabriqués avec de la vaisselle brisée, des bricoles que l’artiste ne peut s’empêcher de collecter, des souvenirs que l’on veut récupérer, ça c’était la tasse préférée de Davide, je l’ai cassée, alors j’en ai fait cette tête, des visages qu’Adriana a voulu rassembler dans un Etna éructant et festif, geyser d’ histoires, d’anecdotes et de rencontres.

Quelques mots encore, si Adriana Cavallero perpétue la technique de la mosaïque tout en la réajustant à la matière-même de son existence, c’est par amour du lien, de quelque nature qu’il soit, temporel, artistique, affectif, quotidien ou philosophique. C’est sans doute aussi pour ça qu’elle soigne si bien l’estomac des visiteurs en déployant ses talents culinaires sur des pizzas de verre.

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