Atelier l'Air de Rien

2001 – Rythmes sur métal: questions– réponses

Rythmes sur métal: questions– réponses
2001 – Barbara Biaggio

D’un côté, le geste rapide en quête de rythme, pinceau sur papier, invite la trace jetée, dansée qui se profile sur le papier plissé et modèle un mouvement.
De l’autre, en face, la réponse à l’éphémère s’inscrit dans le métal, faite de rouille. La trace dénonce le temps, bien qu’elle soit toujours en mouvance, le processus pouvant s’acheminer encore.

2001 – Rendre l’âme à qui de droit

Rendre l’âme à qui de droit
2001 – Barbara Biaggio

Série sur toile initiée en 2000, technique mixte.

Le blanc suggère une évocation de l’âme, de ce qui peut être essentiel. Tout le travail est axé sur cette quête d’épuration. En partant de collages et de matières sur la toile, j’ai cherché à enlever l’inutile. Mais qu’est-ce qui est réellement essentiel ? Qu’est-ce qui m’est indispensable pour pouvoir dire, communiquer, donner à voir ? Ces questions permanentes ont sillonné ce travail échelonné sur un peu plus de trois ans. L’impression est celle d’être dans le processus inverse de l’habituel, soit celui de choisir ce que je montre, en mettant en évidence et en cachant aussi. Cette fois, la démarche est celle de m’interroger différemment, en me préoccupant de ce qui est nécessaire. Ainsi le mouvement a été aussi de celui de recouvrir, de maintenir un élément et parfois de découvrir à nouveau.

L’âme, comme souffle primordial à l’existence, la rendre à qui de droit, c’est avant tout ma propre quête d’une essence vitale, une manière de questionner le sens profond de mes choix et les raisons qui les sous-tendent. En quelque sorte, cette démarche tend à épurer, pour mieux habiter l’espace, que ce soit celui de la toile, comme tout autre espace intérieur ou extérieur appartenant à tout un chacun.

2000 – Les Apparus

Les Apparus

2000 – Barbara Biaggio

Festival Image off, Anciens Ateliers Mécaniques, Vevey

Sur le thème « désaffectés », j’ai proposé une installation de plusieurs plaques en métal dans l’espace. J’ai cherché à instaurer une relation entre la rouille du métal et une intervention picturale. Le métal, matériau appartenant au lieu, la rouille symbolisant l’abandon et le temps passé, la mise en oeuvre de ces éléments dans une démarche actuelle évoque le dialogue entre l’hier et l’aujourd’hui. C’est ainsi un hommage aux ouvriers de ces lieux.

Réaffectation culturelle aux anciens ACMV (Journal IMAGES’)

Les anciens Ateliers de Constructions Mécaniques de Vevey sont une carcasse vide, une dépouille physique d’un témoin du passé, une écorce stérile et vétuste qui crie son agonie dans un recoin de Vevey. Au-delà de cette vision morbide, les ACMV sont une usine désaffectée victime de la jungle urbaine et de son évolution. Le bâtiment, ses murs et l’espace qu’ils s’attribuent , représentent une plate-forme idéale pour une exposition unique dans sa nature et dans le temps. L’art ressuscite, le regard respire.

Dans cet espace brut, la finesse d’un grain rencontre le cri d’une matière et lorsque vous pénétrez le corps de ce géant translucide, de multiples couloirs, escaliers et fenêtres de toutes tailles se succèdent sans ordre apparent pour vous permettre de découvrir à chaque pulsation, les nouveaux organes du colosse de béton et les oeuvres qui l’habitent. Cette nouvelle vie, éphémère, réclame votre attention.

Les ACMV accueillent une exposition indépendante et sans démagogie qui tranche dans le vivier créatif de la région. Pas moins de 35 artistes exposent leurs oeuvres dans les entrailles de cette carcasse industrielle née de la folie de pierre et de métal des hommes. Le Collectif Ex-acmv vous propose ce requiem artistique, sur le thème »désaffectés » rythmé par la créativité débridée des artistes s’exprimant par tous les moyens et sans complexe (notamment: photographie, peinture, sculpture, vidéo, danse, chant et musique).

Article de presse

Dans les anciens ateliers des ACMV des artistes de toutes disciplines s’inspirent et habitent le vide. La rouille, les poutrelles, les casiers vides et les murs lépreux suscitent des postures et des dérives créatrices, relevant autant de l’art que de l’ethnologie. Photos, peintures, sculptures et « installations » sont répandues sur trois niveaux, dans un harcèlement sonore de voix nasillardes, voulant suggérer l’ancienne présence des ouvriers.

Le mot « désaffectés » a été tiré en tous sens. Du concret historique de ces locaux, avec des photos d’archives d’ateliers, tirées sur plexiglas à la maquette d’un site archéologique romain ou à l’extrapolation à d’autres lieux abandonnés, églises irlandaises ou prison vétuste. Désaffectés également ces sites ordinaires peuplés d' »affects » personnels puis oubliés.

Dérives ludiques

Certains créateurs se réapproprient les lieux vides et leur morne décor pour y jouer des jeux narcissiques. Parades de corps nus accrochés aux casiers, entrevus dans la pénombre des piliers, derrière les grillages, jouant de la solitude rêveuse ou inquiète. On a aussi imaginé l’herbe envahissante et les animaux occupant les salles. Et dans l’absence confirmée la réflexion se donne libre cours. La sculpture évoque les cycles éternenls inscrits dans des gestes minimaux et éphémères, des projections invitent à rêver la forêt ou à défaillir aux scènes d’abattoir sur peau de vaches. Une artiste peintre célèbre l’Office des Ténèbres, « désaffection » absolue, tandis que d’autres transcendent la rouille en grandes fresques ou en lames de fer rongé. On découvrira les photographes du groupe « Baryte » présentant des photos très intéressantes d’objets ou de lieu mis hors jeu. Parcours de mélancolie et d’étrangeté. M.S.

2000 – Leysin

Leysin

2000 – Barbara Biaggio

La peinture est médiatrice d’un voyage perpétuel de l’intérieur vers l’extérieur. Chaque tableau devient histoire transformée dans l’acte créatif, révélée partiellement par des frottements sur le support, cachée volontairement par des papiers collés, comme un choix déterminé et sans cesse renouvelé de ce qui est à dire.

Des écritures étranges évoquant un passé lointain racontent l’existence d’un monde inconnu. Le souci permanent est celui de transformer les éléments à un état matériel, psychique ou émotionnel. L’oeuvre devient emblème de création par son existence, en offrant un niveau différent, voire nouveau de perception.

1999 – Fribourg

Fribourg
1999 – Barbara Biaggio

A l’occasion de l’inauguration de ses nouveaux locaux, l’ Ecole d’Etudes Sociales de Fribourg m’a invitée à exposer une grande série de travaux réalisés dans le cours des deux dernières années. Les peintures sont sur bois ou carton à l’acrylique.

1998 – Épaves et fragments

Epaves et fragments

1998 – Barbara Biaggio

Après la série résurgences lointaines, l’envie du métal est apparue d’elle-même. Créer une série à même cette matière et laisser venir une histoire, celle d’un voyage au fond de l’eau et la rencontre d’une épave de bateau. D’abord, le besoin impétueux de connaître ce qui s’était passé s’est présenté, puis le lâcher-prise et l’émerveillement d’une telle rencontre a pu prendre place pour remonter enfin à la surface en goûtant la beauté environnante. L’exposition s’est présentée comme un livre avec une première page qui initie le lecteur-spectateur à cette plongée sous-marine et enfin une dernière page qui clôt le voyage.

Articles de Presse

24HeuresEntre poli et plissé
Raphaëlle Renken

Papier de soie enduit de colle? Coulures d’encre? Barbara Biaggio tait ses techniques se contentant de présenter deux séries distinctes de tableaux: une mêlant sable et peinture, l’autre métal et papier (comme le détail ci-dessous). La première est légère par ses couleurs vives, la seconde par contre plus sobre et intériorisée. Si la plaque de métal reste support, elle n’est en revanche pas passive. Le papier la revêt ou la dévoile par intermittence lorsqu’il se déchire ou se troue. Les antonymies sont multiples: autant le métal lisse et froid semble rigide, autant le papier fragile est cambré par les fines pliures. Plaisir du papier plissé, lissé ou superposé. Les couleurs le mouchettent ou, sous forme de coulures rouges, y tracent des artères.

Le TempsPeintures archéologiques
(Semaine du 5 au 11 juin 1999) – PhM

BARBARA BIAGGIO – Pour cette jeune artiste d’origine italienne née à Pully en 1968, le plaisir de la matière et le jeu des couleurs sont essentiels et se prêtent à des apparitions à la fois personnelles et collectives. Ses collages sur plaques de métal et ses peintures matiéristes ressemblent à des parchemins anciens, sont comme des relevés de tracés géométriques. Mais rien n’est figé, car quelques bribes d’écritures y apportent la spontanéité voulue.

1997 – Résurgences lointaines

Résurgences lointaines
1997 – Barbara Biaggio

L’ensemble de ce travail s’est réalisé dans le courant du printemps et de l’été 98. Les premières traces d’une écriture spontanée sont apparues de manière furtive au début puis en prenant de plus en plus de place jusqu’à l’envie de l’explorer réellement. J’étais depuis un moment déjà à la recherche d’un support différent du papier, un support existant pour lui-même c’est-à-dire un support apte à supporter les diverses traces choisies. Ces petites plaques de bois comme des tabelles d’écritures, m’ont donné la sensation d’un voyage dans le passé, un passé plus lointain que le mien.

Les écritures se mêlant aux formes; formes déjà un peu connues, besoin de les mélanger les unes aux autres pour sentir une harmonie possible. Papier, pâte, encre, peinture, petit pinceau fin aux frottements plus décisifs aux inscriptions gravées, ensemble de gestes aussi différents que multiples. Le métal survient d’abord sur le bois, comme une surprise puis il devient lui-même support appartenant ainsi à part entière au travail.

Atelier l'Air de Rien